| La nécessité pour les entreprises de se doter d’une charte informatique |
| 17 Janvier 2011 |
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Les systèmes d’information sont aujourd’hui au cœur de l’entreprise, et ce, quels que soient son secteur et son domaine d’activités...
Les systèmes d’information sont aujourd’hui au cœur de l’entreprise, et ce, quels que soient son secteur et son domaine d’activités. De plus en plus d’employés travaillent ainsi au quotidien dans l’entreprise avec un accès direct vers l’extérieur : généralisation de l’accès à Internet sur les postes informatiques, mise en place de messageries professionnelles notamment. Si cette ouverture du personnel salarié vers l’extérieur de l’entreprise est indispensable, elle peut néanmoins très vite devenir source d’abus (utilisation de la messagerie professionnelle à des fins privées, navigation massive sur Internet, propos diffamatoires, téléchargement illicite d’œuvres protégées par le droit d’auteur, accès à des sites à caractère pornographique…), dont certains pourraient engager la responsabilité de l’employeur. Aussi, sans pour autant interdire strictement tout usage à des fins personnelles de ces outils de communication (1), il est préconisé d’en définir les règles d’usage par l’instauration au sein de l’entreprise d’une charte informatique. Ce document, non obligatoire dans l’entreprise sauf si cette dernière collecte des données à caractère personnel (par exemple, utilisation de logs de connexion…), permet de définir les droits et obligations des salariés concernant l’utilisation de son système d’information. A défaut d’un tel document, certaines pratiques abusives des systèmes d’information de l’entreprise par les salariés peuvent être difficilement opposées par l’employeur. Ainsi, dans un arrêt du 8 décembre 2009 (Cour de cassation, Chambre sociale, 8 décembre 2009, Sergio G. / Peugeot Citroën Automobiles), la Cour de cassation a cassé l’arrêt d’une cour d’appel (Cour d’appel de Rennes, 5e chambre prud’homale, 11 mars 2008) qui avait validé le licenciement pour faute d’un salarié dont le poste informatique contenait des fichiers à caractère pornographique et zoophile. La Cour de cassation a considéré « que la seule conservation [par un salarié] sur son poste informatique de trois fichiers contenant des photos à caractère pornographique sans caractère délictueux ne constituait pas, en l’absence de constatation d’un usage abusif affectant son travail, un manquement du salarié aux obligations résultant de son contrat susceptible de justifier son licenciement ». Des notes de service contestant un tel usage avaient pourtant été adressées par l’employeur du salarié, comme l’avait souligné la Cour d’appel dans son arrêt cassé par la Cour de cassation.
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